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La lecture est réellement une seconde éducation qui supplée à l’insuffisance de la première. (Laclos, Des femmes et de leur éducation)

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L’Épreuve Anticipée de Français (le bac de français) – version détaillée de la méthode

Mon propos concerne l’enseignement général et technologique, série L, ES, S, STG, ST2S, STAV, STI, STG, Hôtellerie. Les modalités en enseignement professionnel sont différentes.

D’autre part, cette page consitue la version longue de la méthode résumée en quelques points et qui se trouve ici.

Première chose, cette Épreuve Anticipée de Français en comporte en réalité deux ! une écrite et une orale.

L’écrit.

Voici tout d’abord un lien vers des exemples de sujets d’écrit.

Les principes de l’épreuve sont les suivants :

Les questions sur le corpus

D’abord quelques éléments sur la notion de corpus. Il s’agit d’un ensemble de documents portant sur un même thème (la gourmandise, l’intolérance, par exemple) ou sur un même problématique (comment introduire le personnage principal d’un roman). Parmi ces documents, on distingue :
– les textes littéraires, reconnus pour leurs qualités stylistiques, dont on peut étudier les figures et le contenu (un poème, une description de Balzac, une tirade tragique) : ils constituent la base d’un corpus, et souvent aucun autre type de document ne les accompagne ;
– les textes documentaires, qui apportent des informations (article de dictionnaire ou d’encyclopédie)  parfois ce type de document peut s’insérer dans un corpus pour préciser une définition ou illustrer une idée 
– les documents iconographiques (image, affiche, reproduction d’une peinture...) qui proposent un éclairage différent ou l’illustration d’un texte littéraire (un autoportrait de Rembrandt en regard d’une description physique de Montaigne par lui-même).

Voyons maintenant comment procéder pour cette première partie de l’épreuve. J’ai distingué plusieurs étapes que voici :

  1. Il faut tout d’abord lire attentivement l’ensemble du sujet pour avoir une idée globale des attentes ; bien sûr, une deuxième lecture s’impose avec surlignement (par exemple) des éléments a priori importants au regard du sujet, recherche des termes inconnus (dictionnaire à la maison, d’après le contexte lors d’un travail surveillé – comme le jour du bac). Il est bon aussi de considérer la date d’écriture des textes, leur genre littéraire, leurs registres... Cette étape doit permettre de comprendre les enjeux des textes, de voir leurs points communs et leurs différences.
  2. Une fois ce travail global réalisé, il faut examiner la question posée (s’il y en a deux, voire trois pour les séries technologiques, la même démarche doit être répétée pour chacune) :
    – tout d’abord repérer les termes essentiels de la question (son objet et sa consigne, qui peut être implicite) et les analyser rapidement : par exemple faut-il interpréter ou seulement justifier, quelles figures de style sont mises en jeu, etc. ;
    – ensuite, relever dans les textes concernés par la question les mots ou expressions y répondant : on peut écrire sur une feuille de brouillon ou surligner, ou souligner les termes constituant un champ lexical, les thèses d’un texte argumentatif, les éléments d’une comparaison, les indices d’énonciation, par exemple ;
    – enfin, interpréter sur la feuille de brouillon les éléments précédemment relevés en fonction de la question : reformulation de la thèse, effet produit par une figure de style...
  3. La dernière étape est importante, c’est la phase de rédaction au propre. La réponse doit être entièrement rédigée, structurée et illustrée, c’est-à-dire qu’il faut respectivement écrire des phrases complètes (éviter les abréviations et les notes reliées par des tirets ou points en début de lignes), construire la réponse en plusieurs paragraphes cohérents précédés d’une phrase d’introduction (sans oublier les mots de liaison et liens logiques), et justifier les propos en s’appuyant sur les textes du corpus en les citant de manière appropriée. Attention, cela ne signifie pas que l’on attend une longue réponse, mais celle-ci doit être concise, c’est-à-dire présenter l’essentiel sans détails superflus !
    Il ne faut pas oublier non plus que la question porte sur un corpus, donc sur plusieurs documents que l’on est amené à comparer, cela implique (très) souvent d’étudier ces documents non de façon individuelle et séparée, mais en regroupant les idées ou analyses ; par exemple, à la question Analysez les images des trois poèmes du corpus. il n’est guère judicieux de répondre en présentant les images du premier texte, puis celles du deuxième et enfin celles du troisième ! Il faudrait au contraire rechercher des similitudes et regrouper les images de l’ensemble du corpus selon des critères thématiques (par exemple (fictif), les métaphores du temps, puis les images de l’amour).
    Enfin, il est aussi essentiel de présenter succinctement le corpus au début de la réponse (ou de la première s’il y en a plus d’une), c’est-à-dire, indiquer le thème et les références des textes – certains professeurs demandent même à leurs élèves de faire à cette fin un paragraphe indépendant avant de répondre aux questions.

En complément de ce qui précède, voici un exemple détaillé d’application de cette méthode. J’ai aussi répertorié sur cette autre page les diverses questions possibles.
Passons maintenant aux travaux d’écriture.

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Les travaux d’écriture

Les travaux d’écriture : le commentaire

Pour présenter l’exercice, je dirai qu’il s’agit tout simplement de l’explication d’un texte à l’écrit. Cela implique un certain nombre de contraintes : comme tout travail de français, il doit être entièrement rédigé et structuré, donc comprendre, entre autres, une introduction, un développement en plusieurs parties et une conclusion ; de plus, cette explication doit être ordonnée et organisée autour d’une problématique qui vise à montrer l’intérêt du texte. On parle quelquefois de commentaire composé – c’est tout simplement l’ancien nom de l’exercice, mais il est tout à fait évocateur, puisque cette explication met en valeur les grands thèmes du texte !

La méthode que je vous propose comprend quatre étapes traditionnelles :

  1. La lecture : je ne vais pas redire ce que j’ai écrit ci-dessus à propos de la lecture, ces principes s’appliquent d’autant plus à un texte que l’on doit analyser en profondeur.
  2. L’analyse : le texte proposé doit être ensuite expliqué, c’est-à-dire qu’il faut repérer les idées et éléments qui le composent, et d’autre part les procédés stylistiques utilisés par l’auteur mettant en valeur ses propos. L’objectif est de déterminer l’intérêt du texte, d’interpréter les intentions de l’auteur. Pour cette phase essentielle et assez longue, j’ai répertorié sur cette autre page des méthodes possibles, que je vous invite à consulter avant de poursuivre. Le résultat de cette analyse consiste en des notes prises sur des feuilles de brouillon ou sur le texte lui-même qui réunissent les pistes d’interprétation du textes et les procédés qui les mettent en valeur.
  3. La construction du plan : l’étape suivante consiste à ordonner entre elles les pistes d’interprétation déterminées précédemment pour constituer ce qui sera l’ossature du développement de l’exercice. Le processus varie selon qu’il s’agit d’un sujet destiné aux générales ou technologiques :
    – pour ces dernières en effet, le sujet suggère un plan sous la forme d’un parcours de lecture, constitué de deux questions plus ou moins explicites (par exemple : Vous commenterez le texte de Voltaire en étudiant comment se manifeste la présence du locuteur dans le texte et quelle image de la société il propose ici ; une autre formulation pourrait être :
    Vous commenterez le texte de Voltaire en vous appuyant sur le parcours de lecture suivant :
        a) Comment la présence du locuteur se manifeste-t-elle dans le texte ?
        b) Quelle image de la société l’auteur propose-t-il ici ?

    ces questions indiquent les deux grandes parties du plan dans lesquelles il faudra classer les pistes d’interprétation déterminées dans l’étape précédente qui formeront les sous-parties (trois ou quatre) ;
    – pour les séries générales (L, ES et S), la consigne est plus lapidaire : Vous commenterez le texte de Voltaire. Nous sommes donc invités à trouver les grandes parties (deux ou trois) du développement en observant les pistes déterminées précédemment, et en repérant les grands thèmes ou idées qui s’en dégagent, puis à classer ces pistes (en trois ou quatre sous-parties) dans ces grandes parties.
    L’objectif est d’aboutir à une structuration cohérente et ordonnée. Pour cela, il faut organiser les grandes parties entre elles et les sous-parties de chaque partie de manière logique : on commence par ce qui est simple, évident, facile, pour terminer par des analyses plus subtiles, recherchées. Par exemple, on étudie d’abord la présence du locuteur, avant d’analyser la manière dont il s’implique dans l’argumentation ; autre exemple, dans le cadre de l’analyse d’un autoportrait, on commencera par étudier les caractéristiques physiques, puis celles du portrait moral, le cas échéant, et enfin le regard porté sur soi. Ces parties et sous-parties sont reliées entre elles par des liens logiques, transitions entre les parties (une transition conclut la partie I et introduit la partie II), simples connecteurs logiques entre sous-parties, pour bien montrer la progression de l’analyse.
  4. La rédaction : en principe, cette ultime étape ne devrait pas être entièrement réalisée au brouillon pour des raisons de temps, mais il est évident qu’avant de se lancer dans un premier commentaire écrit, on peut avoir la tentation de tout rédiger au brouillon de A à Z parce que l’on dispose du temps nécessaire ; pour le deuxième commentaire (et tous les suivants), il est préférable de limiter la rédaction sur le brouillon à l’introduction, la conclusion, éventuellement les paragraphes de transition – il faut apporter un soin tout particulier à l’introduction et à la conclusion, car ce sont les première et dernière impressions laissées au correcteur (une légende raconte même que certains d’entre eux ne liraient que l’introduction et la conclusion d’un devoir pour l’évaluer...). Voyons le contenu exact de chaque partie du devoir :
    L’introduction comprend quatre éléments :
        1) une entrée en matière (certains parlent d’amorce) qui permet de situer le texte dans un contexte : historique (en relation avec des événements de l’époque), littéraire (on peut rappeler le mouvement dans lequel s’inscrit le texte), biographique (en lien avec l’écrivain), par exemple ; on peut aussi le situer dans l’œuvre (incipit, scène d’exposition, épilogue...), par rapport à son genre ou son thème...
        2) la présentation du texte qui comprend obligatoirement nom de l’auteur, titre de l’œuvre souligné, date de publication ou d’écriture, titre du texte le cas échéant (titre d’un poème par exemple), genre, registre, type du texte (suivant l’importance de ces éléments), puis contenu du texte en une phrase : l’auteur relate la bataille de Waterloo, décrit la maison de son enfance, défend sa position sur la peine de mort... Par convention, le correcteur n’est pas censé connaître le texte, donc il faut lui donner tous les renseignements sur celui-ci (et aussi éviter de commencer par Ce texte...).
        3) la problématique formulée sous forme de question directe ou indirecte (nous pourrons nous demander si...) qui rappelle les enjeux du commentaire.
        4) l’annonce du plan qui, en une phrase aussi légère que possible, présente les (deux ou trois) grandes parties du développement (pour reprendre l’exemple ci-dessus, nous nous intéresserons tout d’abord au portrait physique du narrateur, puis à son portrait moral, enfin au regard qu’il porte sur lui-même. D’autres formulations sont possibles).
    L’introduction tient en un paragraphe (l’annonce du plan peut éventuellement être détachée), et dépasse rarement vingt lignes.

    La conclusion comprend trois parties, dont une est facultative :
        1) un bilan mettant en valeur les points forts du développement et répondant à la problématique définie en introduction. Ce doit être uniquement une synthèse, et non pas l’occasion d’ajouter un nouvel élément d’analyse (ce n’est plus le moment).
        2) éventuellement un avis personnel sur le texte, à condition qu’il soit justifé – inutile de dire que le texte vous a plu parce qu’il était beau et bien écrit !
        3) enfin, un élargissement, une ouverture (termes consacrés) qui permet une mise en perspective du texte, sous la forme d’un rapprochement avec d’autres textes portant sur le même thème, de la même époque, ou au contraire plus récents (le corpus peut fournir des idées..), pourquoi pas avec d’autres formes d’arts...
    Quinze lignes (en un seul paragraphe) me semblent un maximum pour la conclusion.

    Le développement comprend deux ou trois grandes parties, je l’ai déjà dit qui sont elles-mêmes subdivisées en plusieurs paragraphes : chaque partie commence par une introduction de deux ou trois lignes qui en rappelle le thème et en annonce le plan, c’est-à-dire le contenu des sous-parties : par exemple , Dans cet autoportrait, le narrateur propose une évocation de son physique, à travers une description précise, qui s’attarde en particulier sur son visage et ses mains. Dans cet exemple fictif (et simpliste), j’annonce le thème (portrait physique), et les trois sous-parties (description précise, l’évocation du visage, celle des mains). Ensuite, autant de paragraphes que de sous-parties, dans lesquels le texte est analysé, cette explication s’accompagnant de citations entre guillemets (" ") et d’interprétations des procédés stylistiques utilisés par l’écrivain. Enfin, chaque grande partie s’achève par un bilan partiel.
    Nous avons vu qu’entre deux grandes parties du développement il fallait une transition, celle-ci est donc constituée de la conclusion partielle d’une première partie et de l’introduction partielle de la suivante (par exemple, Ainsi l’auteur insiste-t-il dans les moindres détails sur un corps marqué par l’âge, comme le rappellent ses nombreuses rides, et ses mains si importantes pour son travail d’artiste. En revanche, dans son portrait moral sont mises en avant une joie de vivre et une volonté de se souvenir... ; la première phrase conclut la première, la seconde annonce thème et sous-parties de la deuxième). Ce paragraphe de transition peut se rattacher à la première partie ou constituer un paragraphe indépendant entre les deux.

    – Pour finir, quelques conseils valables pour tous les travaux d’écriture : soignez la présentation (écriture), et surtout aérez le devoir (une ou deux lignes entre introduction et développement, puis avant la conclusion s’imposent ; de même, une ligne passée entre deux parties du développement mettra en valeur la structure de l’ensemble) ; RELISEZ à la fin de l’épreuve (ou avant de remettre un devoir fait à la maison – dans ce cas, le regard neuf d’un parent, d’un copain, peut repérer des fautes qui échappent à tout rédacteur de son propre travail !), plusieurs fois si possible (15 minutes devraient suffire) : les fautes d’orthographe, de grammaire, de logique sautent aux yeuxdes correcteurs. Bref, donnez envie au correcteur de vous lire ! Imaginez un professeur en retard dans ses corrections (ça arrive), de mauvaise humeur (c’est un être humain)... qui vient de corriger 80 copies, et à 2 heures du matin, il s’apprête à évaluer la dernière... Si, malencontreusement, elle est illisible, et qu’il doive à chaque mot s’interroger sur son sens, il pourrait être tenté, malgré son professionnalisme et sa bonne volonté, d’abréger cette torture intellectuelle ! rappelez-vous, ce n’est qu’un être humain...

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Les travaux d’écriture : la dissertation

La dissertation ! Le mot fait encore peur, pourtant ce n’est jamais qu’une façon de développer sa propre pensée. Il est vrai que les sujets de dissertation se limitent souvent à deux ou trois phrases, ce qui peut sembler difficile en comparaison d’un commentaire qui s’appuie sur un long texte rassurant. Donc, il s’agit de répondre à une problématique littéraire par le biais d’un raisonnement organisé et illustré d’exemples empruntés au corpus, aux lectures et connaissances personnelles ; naturellement, une introduction, un développement structuré et une conclusion sont nécessaires à la mise en forme de cette argumentation.

Comme pour le commentaire, quatre étapes s’imposent :

  1. L’analyse du sujet est une phase importante, car elle détermine la suite du devoir et permet d’éviter le si redouté hors-sujet. Il convient donc de repérer (par exemple, en les surlignant) les mots-clés du sujet, d’un côté la consigne, de l’autre le contenu. Première chose, la présentation d’un sujet de dissertation : il peut s’agir d’une simple question (Le théâtre n’est-il qu’un art de la parole ?), d’un énoncé comprenant une citation de quelques lignes suivie ou précédée d’une consigne précise (Voltaire défend l’idée que « [...] ». Partagez-vous son point de vue ? – Expliquez et discutez l’opinion de Rousseau losqu’il que [...].). La plupart du temps sont également rappelés à la suite des principes de méthode évidents (sous cette forme par exemple : Vous vous appuierez, pour traiter cette question, sur les textes du corpus, ainsi que sur vos lectures personnelles et les œuvres que vous avez étudiées au cours de l’année).
    La consigne est facile à analyser : soit elle est implicite, parce que le sujet se présente sous la forme d’une simple question (comme l’exemple ci-dessus) à laquelle il est simplement demandé de répondre ; soit elle est explicite, et il faut identifier les attentes du sujet ; les verbes et expressions utilisés sont nombreux et ont chacun un sens précis : par exemple, expliquer, commenter impliquent une analyse des propos ou de la pensée de l’auteur, discuter un débat, étayer, justifier l’approbation d’une thèse, réfuter le contraire... Attention, il est aussi parfois demandé d’exprimer un point de vue personnel, et ne pas le faire revient à ne pas traiter l’ensemble du sujet.
    L’analyse du contenu du sujet permet de déterminer le domaine dans lequel s’inscrit ce sujet : d’abord, un énoncé de bac indique toujours l’objet d’étude concerné, ainsi le cadre est-il restreint à la poésie, au théâtre ou une autre partie du programme de Première ; ensuite, il faut repérer le thème précis (le lyrisme, le héros de roman, la création poétique, la mise en scène...), et s’interroger sur ce que le sujet en dit, en particulier lorsqu’il s’agit de la pensée d’un auteur. De cette réflexion doit se dégager une problématique, que l’on peut définir comme l’ensemble des questions que pose le sujet et auxquelles la dissertation doit répondre ; cette problématique définit donc un cadre précis, des enjeux à étudier, et orientera la suite de la réflexion. Par exemple, soit le sujet suivant : Pensez-vous que les fables de La Fontaine puissent encore vous concerner en tant que lecteur du XXIe siècle ? Les questions que peuvent impliquer ce sujet sont, par exemple : quel est l’objectif d’un fabuliste ? des morales, vieilles de trois siècles, sont-elles toujours compréhensibles ? un récit, loin de nos préoccupations modernes, peut-il nous toucher ? lisons-nous La Fontaine pour les mêmes raisons qu’à son époque ? etc...
  2. La recherche des idées suit celle de la problématique et se fait en fonction de celle-ci. Ces idées vont constituer la base de l’argumentation, et donc du développement de la dissertation, ce sont d’un côté des arguments, de l’autre des exemples (je rappelle la différence, l’argument est un élément abstrait validant une thèse, alors que l’exemple est un fait concret qui illustre un argument). Cette recherche d’arguments s’opère en réfléchissant sur les questions liées à la problématique, mais aussi en se reportant (par la mémoire un jour d’examen !) aux cours de l’année (en particulier sur l’objet d’étude dont il est question) – en effet, un aspect de la problématique a peut-être été abordé en cours ; d’où l’importance d’apprendre ses cours... Par ailleurs, il faut trouver des exemples pour illustrer la réflexion : on en trouve dans le corpus, mais aussi dans les œuvres lues pendant l’année (ou antérieurement) sous la conduite de son professeur, et pourquoi pas dans les nombreux (j’espère !) lectures personnelles (un sujet sur le roman offre de multiples possibilités d’exemples personnels). Enfin, il est bon de confronter arguments et exemples, cela permet d’enrichir les uns et les autres.
  3. L’élaboration du plan peut s’effectuer en même temps que la recherche des idées, voire auparavant : en effet, certains sujets semblent suggérer une ébauche de plan (par exemple à une question comme celle-ci La poésie est-elle une manière de fuir la réalité ou de s’en approcher ? on peut raisonnablement distinguer les deux aspects contraires évoqués et en faire deux parties du développement – avant d’envisager une troisième partie), alors que d’autres nécessitent d’abord une réflexion (comme cet autre Quels liens la poésie entretient-elle avec le monde ?) ; d’autre part, certains esprits ont plus de facilité à trouver des idées étayant une thèse qu’à adopter une démarche inverse. Quoi qu’il en soit, les étapes se chevauchent, et l’on doit remanier la construction d’ensemble. Comme pour le commentaire, le but est d’organiser une démarche d’ensemble avec deux ou trois idées directrices (appelées parfois thèses), chacune validée par trois ou quatre sous-parties constituées d’arguments (eux-mêmes illustrés d’exemples). Bien entendu, cette démarche doit répondre au sujet ! Dans cette structure, les arguments seront bien sûr au sein de chaque partie classés du moins pertinent au plus intéressant. Le meilleur plan est celui que l’on crée soi-même, mais il existe des modèles que l’on peut adapter au sujet et à sa réflexion personnelle :
    – le plan dialectique est le plan traditionnel d’une dissertation, mais il ne convient pas pour tous les sujets. Composé de trois parties (thèse, antithèse, synthèse), cette démarche permet de discuter un point de vue que l’on développe dans la première partie, que l’on nuance dans la deuxième, avant de proposer une synthèse qui n’est pas un mélange des deux, mais plutôt une nouvelle thèse. Par exemple, soit le sujet suivant : Toute œuvre littéraire est-elle une œuvre d’art ? ; on pourrait y répondre de la manière suivante : (I) La littérature est un art, mais (II) certains ouvrages ne relèvent pas de la définition traditionnelle de l’art ; (III) dès lors, la littérature ne perd-elle pas de sa valeur ? (la dernière partie pourrait aussi redéfinir la littérature selon de nouveaux critères (vaste ambition), ou montrer que ces ouvrages n’appartiennent pas à la littérature, etc.).
    – le plan critique (ou par opposition). Ce type de plan est une adaptation du plan dialectique ; il est utile aux élèves des séries technologiques ou à ceux qui ont beaucoup d’arguments, mais ne parviennent pas à élaborer une troisième partie : en effet, un plan thèse / antithèse est envisageable et peut par exemple permettre de défendre une opinion ; par exemple, (I) certains affirment que les romans policiers ne sont pas des œuvres littéraires, (II) je conteste cette thèse pour diverses raisons. Dans ce cas, il est judicieux de terminer le développement par sa propre thèse. Dernière remarque : la contestation d’une thèse peut être partielle, et non totale (on parle de concession).
    – le plan thématique adopte une autre logique qui est moins argumentative, et convient à des sujets requérant une définition ; par exemple, face au sujet suivant : Pourquoi peut-on dire que la poésie n’est pas seulement un art de l’écrit ? on pourrait répondre que la poésie est un art graphique, un art audible, et un art suggestif. Le plan thématique essaie de considérer les différents aspects d’une notion ou d’un problème, dans un sujet qui ne demande pas de discuter une thèse.
    – le plan suggéré par le sujet est plus facile à élaborer, puisqu’il est plus ou moins explicite. Par exemple : Ionesco a écrit : Je ne fais pas de littérature. Je fais une chose tout à fait différente : je fais du théâtre. Vous expliquerez l’affirmation du dramaturge, puis vous vous demanderez si elle est justifiée. Pour répondre, trois parties s’imposent, la première analyse la citation, et les deux suivantes la discutent – pour ce type particulier de sujet, on parle quelquefois de plan explicatif.
    – Il existe d’autres types de plan : comparatif (pour comparer deux notions, on analyse leurs points communs, leur différences, et on établit un bilan), analytique (pour étudier un problème, on s’intéresse aux causes, aux conséquences et aux éventuelles solutions), mais ils sont rarement adaptés à une problématique littéraire.
  4. La rédaction. Je rappelle qu’il ne faut pas tout rédiger au brouillon (voir mes explications à propos du commentaire). Voyons donc maintenant le contenu des parties du devoir (des points communs avec le commentaire ne vous échapperont pas !) :
    L’introduction comprend quatre éléments :
        1) une entrée en matière (certains parlent d’amorce) qui est une réflexion générale qui situe le sujet dans son contexte (objet d’étude, thème, époque, etc.). Il faut à tout prix éviter les expressions trop générales commede tout temps, depuis que l’homme est homme, depuis la nuit des temps... qui n’ont pas vraiment de sens précis et qui, surtout, sont parfois fausses !
        2) la présentation du sujet qui explicite le contenu du sujet en le reformulant. Si le sujet repose sur une citation, il faut rappeler le nom de son auteur, le titre de l’œuvre (souligné) d’où elle est extraite, la date de publication ou d’écriture le cas échéant – cette citation doit être entièrement reproduite entre guillemets si elle n’est pas trop longue, sinon on peut la résumer ; par exemple, Rousseau affirme que [...], c’est-à-dire qu’il considère que [...].
        3) la problématique formulée sous forme de question directe ou indirecte (nous pourrons nous demander si...) qui rappelle le ou les problèmes soulevées par le sujet.
        4) l’annonce du plan qui, en une phrase aussi légère que possible, présente les (deux ou trois) grandes parties du développement. Il est possible de les présenter sous forme de questions.
    L’introduction d’une dissertation occupe aussi un seul paragraphe (l’annonce du plan peut éventuellement être détachée), et dépasse rarement vingt lignes.

    La conclusion comprend trois parties, dont une est facultative :
        1) un bilan mettant en valeur les points forts du raisonnement et répondant à la problématique définie en introduction. Ce doit être uniquement une synthèse, et non pas l’occasion d’ajouter un nouvel argument ou exemple.
        2) éventuellement un avis personnel sur le sujet. Attention, si le sujet réclame explicitement une opinion (pensez-vous que[...], partagez l’opinion de X [...], etc.), celle-ci doit apparaître au cours du devoir ; si vous ne l’avez pas encore exprimée, c’est le moment. Si aucune opinion personnelle n’est requise, il n’est pas interdit d’en donner une.
        3) enfin, une ouverture qui permet d’élargir la réflexion vers un problème lié au sujet ou vers des considérations plus générales...
    Quinze lignes (en un seul paragraphe) me semblent un maximum pour la conclusion.

    Le développement comprend deux ou trois grandes parties, subdivisées en plusieurs paragraphes : chaque partie commence par une introduction de deux ou trois lignes qui en rappelle l’idée génarale qui y est développée et en annonce le plan, c’est-à-dire le contenu des sous-parties ; ensuite, autant de paragraphes que de sous-parties, dans lesquels se développent les arguments accompagnés de leurs exemples et d’éventuelles citations entre guillemets (" "). Enfin, chaque grande partie s’achève par un bilan partiel.
    Nous avons vu qu’entre deux grandes parties du développement il fallait une transition, celle-ci est donc constituée de la conclusion partielle d’une première partie et de l’introduction partielle de la suivante (par exemple, Ainsi avons-nous vu l’opinion de [...] Or, cette affirmation est contestable, puisque [...] ; la première phrase conclut la première, la seconde annonce thème et sous-partie de la deuxième). Ce paragraphe de transition peut se rattacher à la première partie ou constituer un paragraphe indépendant entre les deux.

    – Je vous renvoie, pour terminer aux conseils généraux que j’évoquais à la fin de la méthode du commentaire. J’ajouterai que dans une dissertation, la logique du raisonnement est essentielle, et qu’il convient d’y prêter grandement attention lors de l’élaboration (et de la relecture).

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Les travaux d’écriture : l’écriture d’invention

Ce type fut une grande nouveauté il y a quelques années au baccalauréat et traîne encore derrière lui une certaine réputation : il est considéré comme facile, et de ce fait a longtemps été prisé des élèves, et méprisé des professeurs... Sans porter de jugement de valeur (positif ou négatif), je dirai que le sujet d’invention est, par nature difficile, comme les autres travaux d’écriture, mais qu’il a une apparence de facilité qui semble laisser croire qu’on peut espérer une bonne note ! En réalité, l’investissement doit être le même, et, ce type de sujet demande un travail aussi rigoureux et intense qu’un autre travail d’écriture.

Après ce long préambule, voici ce que l’on attend d’un tel sujet. Le candidat est amené à faire preuve de créativité, et doit inventer un texte (souvent argumentatif) répondant à des consignes très précises ; contrairement au commentaire et à la dissertation, la forme de l’exercice n’est pas fixe et requiert autant d’attention que le contenu lui-même. Le sujet s’appuie sur le corpus (souvent sur un texte), donc exige une connaissance de l’objet d’étude, et une bonne compréhension du texte support. Voici deux exemples bien différents :
Vous rédigerez un apologue contemporain illustrant la morale de la fable « Le Rat des villes et le Rat des champs ».
Vous réfuterez l’argumentation de Victor Hugo en écrivant la lettre que son éditeur aurait pu lui envoyer.
L’un demande un récit accompagné d’une morale, l’autre une lettre argumentative, le second s’inscrira dans un contexte historique et littéraire passé (donc pas d’anachronismes, le premier adoptera un style moins classique ; mais les deux exigent une bonne compréhension du texte support, la fable ou l’argumentation de Victor Hugo.

La méthode, qui comprend cinq étapes, repose sur le paradoxe suivant : il n’y a pas de méthode ! J’exagère bien sûr, car il y a en réalité de nombreuses méthodes, mais c’est en fonction du sujet que l’on adaptera une méthode. Voici ces étapes :

  1. La première étape est fondamentale, car elle détermine la forme, qui, nous l’avons vu, dépend du sujet. Il faut analyser avec grande rigueur et précision les consignes du sujet, c’est-à-dire repérer le (ou les) texte support, puis identifier le genre de texte à produire (fable, lettre, etc.), l’action à réaliser (raconter, argumenter, ou plus précisément imiter, réfuter, discuter, etc.), le thème (le contenu), les autres contraintes (longueur, registre, date, etc). Il ne faut perdre de vue aucun de ces éléments (au besoin, on peut les noter en noir sur une feuille de brouillon) – il est déconseillé de se rendre compte 15 minutes avant la fin de l’épreuve qu’il fallait rédiger un texte à la 3e personne, et non à la 1e !
  2. Ensuite il faut travailler sur la forme imposée, et noter tous les éléments caractéristiques de celle-ci. Les exemples suivants seront plus parlants :
    – une lettre doit avoir un émetteur (rédacteur) et un destinataire, elle est datée et signée, comporte souvent une indication du lieu d’écriture (et l’adresse des rédacteur et destinataire), une adresse au destinataire (Cher Monsieur, par exemple), une formule de politesse ; tous ces codes identifient un texte comme une lettre (ils ont d’ailleurs une place bien définie sur la page, nom et adresse du rédacteur en haut à gauche, à droite pour le destinataire). Cela va plus loin, une lettre adressée à un ami est plus familière qu’une lettre adressée à un grand écrivain et aura une forme moins rigoureuse ! Une remarque importante pour la signature : une copie de baccalauréat doit être anonyme, donc, même si le sujet demande un texte personnel, il ne faut pas indiquer sa véritable identité, mais un nom d’emprunt suffisamment banal pour que le correcteur le considère comme tel (Jean Dupont, Thomas Martin – ne sont guère appréciés les jeux de mots comme Anne Honimme, Jean Naimard ou Sam Suffi), ou des initiales (J. D.).
    – un article de journal est signé (par un journaliste, voir la remarque ci-dessus, comprend un titre (parfois un sous-titre et un intertitre), une date, l’indication du nom du journal (là encore, pas de fantaisie comme Le Journal de Mickey). Certains élèves vont même jusqu’à imiter la présentation en colonnes : si l’on peut admettre deux colonnes, un nombre supérieur nuit à la lisibilité. Attention, un éditorial n’a pas la même fonction qu’une lettre ouverte.
    – un discours destiné à être prononcé s’inscrit dans un registre oratoire, a recours à un style particulier avec des phrases longues et balancées, des figures d’insistances, des répétitions, etc.
    – un apologue est un genre de l’argumentation connu des élèves (étudié pendant l’année de 1re), je l’évoque sur cette page.
    – même remarque pour l’essai (voir cette page).
    – un dialogue possède des règles d’écriture strictes : marques d’interlocution (tirets, changements de personne dans l’énonciation, etc).
    D’autres contraintes formelles imposent un registre (polémique, comique, par exemple), un type de discours (narration, description, argumentation), une époque, un contexte littéraire, une limite de longueur (au moins cinquante lignes ou parfois en ne dépassant pas trois pages) ; ce ne sont que des exemples.
  3. Après la forme, le contenu : il faut bien sûr tenir compte du texte support et de la consigne, et chercher en fonction de celle-ci des arguments, des exemples, des idées... en restant dans le thème imposé. Quelques exemples :
    – s’il faut étayer une argumentation (ou la poursuivre), vous pouvez rechercher des arguments et exemples différents du texte support (comme pour une dissertation), ou approfondir ceux du texte qui semblent un peu faibles, tout en n’oubliant pas de se référer à la thèse qui aura été identifiée ;
    – s’il s’agit de réfuter une thèse, on commence par critiquer les arguments apportés par le texte, puis on cherche de nouvelles idées.
  4. La structuration ! Oui, il faut construire un travail d’invention, et donner une cohérence interne à la réflexion, au récit (au contenu), comme dans une dissertation. Cette étape demande aussi de concilier la forme et le fond, de placer dans le cadre formel défini à la 2e étape les idées trouvées ensuite.
  5. La rédaction est la dernière étape. C’est l’occasion de vérifier une ultime fois que la production a un sens, qu’elle correspond au sujet. Bien sûr, je réitère les conseils donnés plus haut.

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L’oral.

Les principes de l’épreuve sont les suivants :

L’exposé

Je l’ai dit, la première partie de l’oral est une réponse qui prend la forme de l’explication d’un texte, que l’on appelle parfois lecture analytique.

Je vais indiquer, dans un premier temps comment préparer cet exposé, puis comment le présenter devant l’examinateur :

La préparation

  1. La première étape a lieu tout au long de l’année. Puisque l’épreuve porte sur le programme, le cours (et en particulier, l’analyse des textes faite en classe) doit être connu et appris au jour le jour, pour être seulement révisé avant l’examen. Quant aux textes expliqués en classe, susceptibles de devenir un texte d’examen, je vous conseille, pour chacun d’entre eux, de faire une fiche avec les éléments indiqués par le professeur, ceux recherchés dans un dictionnaire (le vocabulaire inconnu, la biographie de l’auteur, etc.), fiche qui sera bien utile aux moments des révisions. Cette méthode permet un apprentissage en douceur, et si vous n’avez pas compris un point abordé par le professeur, vous vous en rendrez compte aussitôt ;
  2. Maintenant, le jour de l’examen. L’examinateur a choisi (souvent à l’avance, car les descriptifs lui auront été transmis pour qu’il les connaisse) un texte et une question. Par exemple : Vous travaillerez sur la fable de La Fontaine « Les Deux Coqs » et répondrez à la question suivante : Quelles caractéristiques de l’apologue apparaissent dans cette fable ? ou bien Vous étudierez le fonctionnement de l’ironie dans « L’Esclavage des nègres » de Montesquieu.. Muni de brouillon, vous avez trente minutes pour élaborer votre réponse ;
  3. Comme pour les sujets d’écrit, il faut rapidement analyser la question, trouver les mots-clés (dans mon premier exemple, ce serait caractéristiques, apologue, fable) et comprendre les enjeux de la question, la relier au cours et à l’objet d’étude (définitions de l’apologue et de la fable) et définir une problématique ;
  4. Puis vient l’analyse du texte qui est facilitée par la connaissance de celui-ci ; attention, il ne s’agit pas de reprendre tous les éléments d’analyse vus en classe, mais de sélectionner ceux qui correspondent à la question posée. (J’ai rappelé sur cette autre page comment procéder pour analyser un texte – recherche du contexte, des procédés, interprétation de ceux-ci, etc.) ;
  5. Enfin, dans le temps qui reste, construction de la réponse, donc élaboration du plan en regroupant les éléments d’analyse en deux ou parties, subdivisées en autant de sous-parties (en principe le plan est différent du plan vu en classe, puisqu’il dépend de la question posée !), de l’introduction et de la conclusion (éventuellement rédigées).

Le déroulement

En face de l’examinateur, les 10 minutes de l’exposé se décomposent en quatre étapes obligatoires :

  1. L’introduction ressemble à celle d’un commentaire écrit : à une rapide entrée en matière rappelant le contexte historique ou littéraire, succède une présentation de l’auteur (non une biographie, mais quelques traits essentiels) et du texte (titres, époque, enjeux, objet d’étude, contenu et grandes caractéristiques). Enfin, il ne faut oublier de rappeler la question posée, explicitement ou sous forme de problématique ;
  2. La lecture du texte à haute voix. Moment essentiel, puisqu’elle doit montrer à l’examinateur que vous avez compris le texte, que vous lirez donc de manière expressive et en adoptant un ton adéquat ! Certains préconisent de la faire avant l’introduction, mais il me semble plus cohérent de la placer après la présentation du texte et avant l’annonce du plan (étape suivante). Une bonne lecture nécessite un entraînement (et une bonne connaissance du texte...) : impensable de buter sur chaque mot, d’oublier les liaisons ("vous êtes aimable" à prononcer "vou-z-êt[e]z-aimabl[e]"), de ne pas tenir du rythme et de la ponctuation (la voix descend et marque une pause à chaque point, par exemple – les vers ont aussi un ryhtme prosodique qu’il convient de respecter) ! Vous pouvez annoncer cette lecture (Je vais maintenant procéder à la lecture du texte.) ou l’entamer directement ; l’examinateur vous interrompra si le texte est long (cela ne signifie en rien que vous êtes en faute !). Dernière chose, si vous l’oubliez et que vous vous souveniez au cours de la suite, proposez à l’examinateur de lire à la fin ;
  3. Le développement commence par l’annonce du plan suivi (les deux ou trois parties de votre explication. Puis vous développez l’analyse, en enchaînant entre eux les différents éléments par des connecteurs (d’abord..., ensuite..., de plus...) et en vous référant systématiquement aux termes et procédés du texte que vous expliquez  ;
  4. La conclusion fait un rapide bilan de l’explication et apporte une réponse à la question posée. L’exposé peut s’achever par une ouverture vers l’œuvre, le groupement, l’objet d’étude.

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L’entretien

L’entretien permet à l’examinateur de vérifier les connaissances que le candidat a acquises pendant l’année ; il se déroule sous la forme d’un échange au cours duquel l’examinateur posera des questions en s’inspirant du descriptif. Ces questions peuvent être simples, difficiles ou subtiles (nécessitant des qualités de réflexion), mais en aucun cas, ce ne sont des questions pièges destinées à couler le candidat. Elles peuvent aussi porter l’intérêt porté à un texte, à une œuvre, donc demander une réponse subjective – dans ce cas, l’évaluation est fonction non du goût (J’aime ce texte.), mais des justifications (Il m’a plu, car l’histoire est moderne, les personnages sont décrits avec une grande précision, etc.)

Nous allons maintenant voir quelles questions l’examinateur peut poser, avant de nous intéresser à la manière d’y répondre ; on peut les classer en quatre catégories selon leur degré de proximité avec l’exposé (selon toute logique, l’examinateur devrait commencer par les premières, mais, comme l’entretien est « improvisé », l’ordre des questions n’est pas défini !) :

  1. les questions peuvent porter sur le texte : questions de vocabulaire (sens d’un mot), interprétation d’une expression ou d’une partie du texte, recherche d’un procédé littéraire (métaphore) ; l’examinateur peut aussi vous faire préciser un point de l’exposé (Vous avez affirmé telle chose. Pourriez-vous justifier votre propos ?), mais il est rare qu’il vous fasse reprendre l’ensemble, car ce n’est pas le but de l’entretien ;
  2. deuxième catégorie de questions, sur le groupement de textes ou l’œuvre d’où est tiré le texte : cela peut consister à comparer les idées ou enjeux de deux ou trois textes (voir les points communs ou divergents, les thèmes) ; dans le second cas, l’examinateur peut poser des questions précises sur l’œuvre qui est censée être connue (personnages, thèmes, structure, etc.) ;
  3. ensuite, les questions peuvent porter sur l’objet d’étude, donc sur des connaissances acquises en cours (définitions, problématiques, genres littéraires et registres, etc) ;
  4. finalement, des questions sur la séquence (le descriptif permet de donner un cadre) : les documents complémentaires (analyse d’une image, comparaison avec un texte, par exemple), les lectures cursives, les activités personnelles mentionnées peuvent suggérer beaucoup de types de questions. En principe, l’examinateur est tenu de ne pas interroger en-dehors de la séquence dans laquelle il a choisi le texte pour l’exposé, mais face à un candidat peu loquace, il peut déborder de ce cadre.

Voyons maintenant comment répondre à ces questions :

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